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May 23, 2016 / 0 Comments
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Photo: Postmedia News / G. Lowson

Les deux rives de la Méditerranée sont confrontées aujourd’hui à des difficultés, du désarroi à l'impuissance, et l'extrémisme violent. Les jeunes, premières victimes de ces soucis et de l’exclusion, sont la cible préférée pour les mouvements radicaux. Dans une série de 3 articles Jacques Ould Aoudia présente les facteurs jouant en faveur de la propagation de l'extrémisme violent en région Méditerranéenne. L'auteur identifiera aussi des solutions clés pour sauver les jeunes Méditerranéens de cette menace.

Cet article est le premier dans une série de 3 articles.

 

La région méditerranéenne, sur toutes ses rives, est aujourd’hui en difficultés, entre désarroi, impuissance et violence extrême. A des degrés divers, au Nord comme au Sud, les sociétés, en ‘panne d’avenir’ sont prises de doute sur leur devenir et même sur leur identité.

 

C’est la jeunesse du Nord et du Sud qui subit le plus lourd tribut de ces inquiétudes : échec scolaire, chômage de masse, (qui est, au Sud, supérieur parmi les diplômés), décrochage citoyen, perte de sens et de valeurs, dérives vers la radicalité, et, au Sud, fuite vers l’Europe en de dangereuses traversées de la Méditerranée. Les élites politiques, sur toutes les rives de la Méditerranée, n’ont pas pris la mesure de ces défis, et laissent dans le désarroi de larges parties de cette jeunesse.

 

Au Nord, les jeunes subissent tout particulièrement les effets de la dépression, avec un chômage massif, un verrou social que ne lève plus un enseignement supérieur massifié, une perte de sens dans une Europe en grandes difficultés politique, sociale, économique et symbolique. Une Europe qui n’a pas trouvé sa place dans un monde multipolaire et voit diminuer son hégémonie sur le monde, une Europe sans vision, arqueboutée à une approche binaire, économique et répressive. Une approche qui durcit les divisions au sein des sociétés, creuse les inégalités et accentue l’exclusion sociale. Les politiques publiques en direction des jeunes en difficulté ont été réduites. A cette réduction, s’ajoute un déficit de reconnaissance de la jeunesse, mais aussi des personnes en charge de l’intervention en direction des jeunes, spécialement des jeunes des quartiers défavorisés. Parmi la jeunesse, les jeunes migrants et issus de migrants vivants en Europe cumulent les difficultés d’une intégration sociale en panne et d’une stigmatisation diffuse ou directe, cause et conséquence de la montée des partis xénophobes dans tous les pays d’Europe.

 

Au Sud, ces difficultés tiennent pour une large part au décalage entre la concentration des pouvoirs politique, économique, symbolique en très peu de mains, et la multiplication des personnes, notamment jeunes, disposant de capacités, qui aspirent à avoir une place dans la société, à agir dans leur espace, à prendre des responsabilités sur les plans politique, économique, social, culturel.

 

Depuis 60 ans, la progression du nombre de personnes disposant d’un niveau d’éducation bac+ dans le monde a connu une croissance exponentielle, notamment dans les pays du Sud, par l’effet de la vive croissance de la population totale multipliée par la très vive croissance des effectifs atteignant le niveau bac[1]. La massification de l’éducation, notamment au niveau supérieur (malgré des défaillances en qualité) a donné à une partie importante de la jeunesse des capacités à s’exprimer, à agir, à créer, à produire, à décider. Mais ces capacités, accrues dans des proportions inégalées, ne rencontrent pas d’opportunités à leur échelle. Dans le même temps, ces jeunes sont potentiellement reliées au monde entier par les moyens modernes de communication. Ils ont désormais une voix et ont les moyens de la partager.

 

Ces mouvements sont universels, et pèsent en faveur de la transformation en profondeur de la gouvernance de tous les pays, principalement au Sud : décentralisation, émergence des territoires comme espaces de réalisation sociale, culturelle, économique, citoyenne. Les pays du Sud qui ne tiendront pas compte de cette émergence des potentialités des jeunes à l’échelle locale doivent s’attendre à de graves crises politiques.

 

A des degrés et selon des modalités différents, les sociétés du Nord et du Sud sont donc pleinement concernées par cette problématique de la jeunesse.

 

Les opinions exprimées dans cet article ne reflètent pas nécessairement celles du Centre pour l’Intégration en Méditerranée. Le contenu de cet article n’engage également que l’auteur, et non ses institutions d’attache.


[1] Au Maroc par exemple, il y avait au moment de l’Indépendance 451 personnes disposant d’un niveau bac +. A cette période, en 1956, les urgences politiques du pays (construire un Etat-nation, doter le pays des infrastructures institutionnelles d’un Etat moderne...) ont conduit à concentrer sur la capitale les rares cadres formés dans un système d’enseignement moderne, autour des institutions étatiques à construire. Il y avait concordance entre la démographie des élites (très peu nombreuses) et les urgences politiques (construire un Etat). Aujourd’hui, ce sont plusieurs centaines de milliers de marocains et marocaines qui disposent de ce niveau d’instruction. Ils et elles sont répartis sur tout le territoire et demandent à s’exprimer, à prendre des responsabilités, à entreprendre, à investir, à agir au niveau local. La situation a radicalement changé, et ces mutations sont à la base des modifications dans la gouvernance du pays (décentralisation…). Mais, comme partout, les vieux réflexes centralisateurs demeurent et résistent à la prise en compte de ces mutations sociales.

May 17, 2016 / 0 Comments
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For so long, celebrating Tunisia usually went hand in hand with celebrating its youth. “Tunisian youth were rather the solution and not the problem” this was the slogan communicated throughout the Ben Ali tenure. The ousted president made youth-leveraging as his personal brand.

 

Over twenty years of branding and marketing to hide the ugly truth laying beneath a colorful festive surface, Tunisian youth were more like chess pawns moved for the benefit of the king. Not only did they have no real value, they also lacked so many basic human rights. But however covered up the truth about the situation of Tunisian youth was, it was bound to be revealed. In late 2010 a young man, Mohamed El-Bouazizi, immolated himself to protest police power abuse. He later died due to his injuries and his death sparked what the world now knows as the “Arab Spring”.

 

The so called “Arab Spring” regenerated hope that Tunisian youth will finally be put forward and frankly such high hope was understandable, after all, the youth were the reason the “revolution” happened, they have carried it out and paid dearly for it. For few months after January 2011 people generally, not only the youth, showed enthusiasm, optimism and high sense of patriotism. They truly believed they were about to witness change…quickly.    

 

5 years later, were the hopes ever met?

 

Once the thrill of the revolution withered away, young Tunisians started experiencing a very different feeling, they started losing hope and sliding gradually into despair.

 

According to Breaking the Barriers to Youth Inclusion, an in-depth study conducted in 2014 focusing on Tunisian youth by the World Bank and the Center for Mediterranean Integration (CMI), “Tunisia currently has one of the highest Not in Education, Employment or Training (NEET) rates in the Middle East and North Africa Region”, European Training Foundation data for 2012 shows that 25% of youth between 15 and 24 years old are NEET. This is key to understanding Tunisian youth continuous dissatisfaction with the political system since 2011. Tunisian youth expected the revolution to finally change the dire regional disparities between the capital and coastal regions and the interior and southern region, create job opportunities for young graduates and ensure employment selection was fair and equal among all job seekers.

 

Being a NEET is even harder when living in a rural area.

 

According to the World Bank statistics for the year 2012 the ratio of youth NEET in Tunisian rural areas is 33.4% for males and 50.4% for females whereas only 20.3% of males and 32.4% of females are NEET in urban areas. What makes the situation even more outraging is that the easiest, most reliable way to get out of NEET status is relationships and nepotism, which make-up 53.6% of the main reasons for finding work opportunities in rural areas and 62.6% in the urban parts of the country. Obviously if you live in the city your chances of developing those relationships are much higher. 

  

The frustration over the lack of jobs in rural areas escalated over the years.

 

Tunisian youth who demanded “job, freedom and social justice” and so far they have received none of these. Over the last 5 years staged numerous protests and manifestations demanding yet again, jobs and social justice. The fact that the several different governments that were at the head of the state since 2011 have done very little to help improve the situation of youth led to the loss of confidence in the government’s intent to ever concentrate on youth issues.     

 

The declining youth participation in the political life is maybe one the hardest evidences that trust is being lost between the young generation and political establishment in Tunisia.

Youth turnout for the 2011 election might have been high, understandably, as this election was the product of “revolutionary” enthusiasm. Patriotic feelings at that moment were high and there was plenty of room for optimism. It took only three years of political instability, shaky governance, lack of jobs and an increasingly chaotic security situation for those feelings to vanish.

 

In its final report, the National Democratic Institute (NDI) described youth turnout for the 2014 legislative and presidential elections in Tunisia as “visibly weak”.

 

Youth inclusion remained a mere campaign slogan used by political parties’ election campaigns. The percentage of youth head of lists during those elections was almost nonexistent.  Out of 216 members of parliament only 28 are 35 years-old or under. In internal party politics higher-up positions are almost always given to senior members, the younger generation is used to fortify the base or at best given second row position.

 

Tunisian youth make up over 28% of the total population yet, the government still pays so little attention to their needs. Tunisia’s factsheet by Youthpolicy.org  states that although the country has always had a specific governmental body tasked with youth development, there is yet to be a national strategy regarding the matter. Solutions for pressing issues such as the lack of employment and education reform were much awaited after the revolution but after suffering political assassinations and terrorist attacks, the government focused on prioritizing security leaving the  hopes of the youth to improve their lives unfulfilled. 

 

The realization that youth in Tunisia are neither well represented in the political system nor given priority in economic development, makes it slightly more comprehensible when they start looking for alternative in illegal immigration and are desperate enough to even opt for joining ISIS.   

May 11, 2016 / 0 Comments
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Plan Bleu, one of CMI’s partners, has recently finalized the Regional governance and knowledge generation project (ReGoKo), on behalf of Egypt, Lebanon, Morocco, Tunisia and Palestine. Running from January 2012 to October 2015, the GEF-funded initiative fostered the integration of environmental issues into sectoral and development policies of these countries through targeted national and regional activities.

 

The ReGoKo Project is implemented and managed by Plan Bleu and has been funded by a GEF grant, which was executed by the World Bank. The Co-financing partners were the CMI, the French development agency AFD, the European Investment Bank (EIB), the French Ministry of Environment and Plan Bleu.

 

One of the project’s special features was the innovative process by which these activities have been chosen: In fact, when the project was launched, none of its activities were defined but had to be collectively chosen and approved by the beneficiary countries. Throughout the project and based on their current needs in the fields of environmental governance and knowledge generation, the countries prepared concept notes for activities to be implemented under the project. These concept notes were then presented to and discussed with the other countries, which then collectively validated the concept notes’ content and budget.  Special attention was given to ensuring coherence with the already defined components and overall logical framework of the ReGoKo and to creating knowledge sharing and cross-learning opportunities between countries. 

 

This way, 15 truly demand-driven and collectively endorsed activities have been designed and implemented in Egypt, Lebanon, Morocco, Tunisia and Palestine. The ReGoKo’s experience with this innovative process of project definition was much appreciated by the beneficiary countries and allowed them to take strong ownership of the project while answering to their current needs. 

 

Let’s take the example of the activity called “supporting industrial pollution abatement in Lebanon”. The Lebanese Ministry of Environment asked REGOKO to finance environmental audits (EAs) in order to provide a detailed analysis of the situations of 23 industries and verify their compliance with the Limits Values set by the Ministry”. Chosen industries said they were interested in identifying wastewater treatment measures. This activity enabled to foster the integration of environmental issues into the industrial sector in Lebanon.

 

Another illustration has been the “participation of local actors in environmental management “activity. In the aftermath of the Arab spring countries felt they should involve the citizens in environmental and territorial planning debates. ReGoKo was asked to help developing a methodology to put into practice such a participative approach. The experience was tested in different pilot sites such as in Tunisia the bay of Monastir or the Cap Negro and in Morocco Oued Laou, or Boudinar.  This activity provided a framework for cross-sectoral discussions with civil society. Some follow-up activities were even possible in Tunisia. For instance, a project supported by the World Wildlife Fund (WWF) has permitted the participation of civil society in drafting of a charter for a collective contribution towards the development of ecotourism.  The principle of stakeholder participation was also taken into account in the development of the “Charte nationale de l’Environnement et du Développement Durable” in Morocco.

 

Another example was the question of Illegal discharges from ships in violation of MARPOL. They are difficult to address and regional cooperation is necessary. Ministries of environment as well as environmental prosecutors and low officials of Mediterranean countries asked REGOKO to develop the idea of a Mediterranean network of law enforcement officials (MENELAS).  Following a network meeting where its terms of reference were validated by the Mediterranean countries and following the setting-up of the network website www.menelas.org, both funded by ReGoKo, the network has been officially endorsed by the Conference of Parties to the Barcelona Convention.

 

Many of ReGoKo’s activities are national in nature. Some critics say that ReGoKo’s project design, despite some specifically regional activities, could lead to a simple collection of activities of national interest only. However, project implementation proved this statement to be wrong and on the contrary showed that even national activities allow for useful regional knowledge exchange and cross-learning. For example, when Lebanon implemented its Strategic Environmental Assessment under the ReGoKo, an a priori national activity, the regional interest of this initiative became clear: Lebanon is in fact the only of ReGoKo’s beneficiaries having legislation on SEA. Therefore, on top of this SEA being a pilot of this recent Lebanese legislation, it also provided extremely relevant information and lessons for all other beneficiaries, because they are currently seeking to develop SEA legislation themselves.

 

To learn more about the ReGoKo project, consult the project website under http://regoko.planbleu.org/

May 08, 2016 / 0 Comments
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On assiste depuis une vingtaine d’années à une forte mobilisation en faveur de l’autonomie des universités, qui s’accompagne d’une autre revendication sur la responsabilisation des établissements d’enseignement supérieur, à qui l’on demande d’être comptables de leurs performances non plus seulement vis-à-vis de ceux qui sont directement concernés (le corps académique, les élèves et leurs familles) mais plus généralement envers l’ensemble de la population. La question de l’assurance qualité occupe à ce titre une place de premier plan. En Europe, tout particulièrement, elle s’est notamment posée dans le cadre du processus de Bologne, mais la région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord (MENA) n’a pas été en reste, puisque ce thème a fait l’objet d’une certaine effervescence dans différents pays, avec l’organisation de nombreuses manifestations sur le sujet et la mise en place de projets visant à soutenir le développement de services et d’approches dédiés à l’assurance qualité au sein des universités. En revanche, la région offre un tableau extrêmement hétérogène en ce qui concerne les processus d’assurance qualité externes, c’est-à-dire ceux qui s’exercent en dehors des universités et qui peuvent être du ressort des ministères, de prestataires indépendants ou semi-indépendants, d’organes d’accréditation nationaux, etc.

 

Dès lors, les questions qui se posent sont les suivantes : comment les systèmes d’enseignement supérieur de la région MENA peuvent-ils mettre en place des organes et mécanismes externes qui contribuent à améliorer leur qualité au niveau national tout en tenant compte des spécificités des établissements ? Dans quelle mesure ces processus d’assurance qualité peuvent-ils faire avancer et appuyer les réformes de la gouvernance, et vice versa ? Et comment les établissements peuvent-ils s’inspirer les uns des autres et mettre en commun leur expérience sur ce qui marche ou pas ?

 

Pour répondre à ces questions le programme pour l’enseignement supérieur dans la région MENA conduit par la Banque mondiale et le Centre pour l’intégration en Méditerranée (CMI) a organisé sa cinquième conférence internationale du 30 mai au 1er juin 2016, à Alger (Algérie). Le thème de cette édition est: Les changements de paradigme dans l’enseignement supérieur: l’amélioration de la gouvernance et de la qualité au service de la compétitivité et de l’employabilité.

 

L’objectif de la conférence est de permettre aux universités et autres établissements d’enseignement supérieur de la région MENA, et d’ailleurs, d’échanger sur leurs expériences mutuelles et d’aborder avec les autres participants — responsables gouvernementaux, organismes d’assurance qualité, organisations locales, régionales et internationales — un large éventail de sujets ayant trait à l’amélioration de la gouvernance universitaire et aux solutions susceptibles de remédier aux problèmes d’assurance qualité et d’employabilité des diplômés. 

 

L’édition de cette année est consacrée au lien entre assurance qualité et gouvernance, avec l’objectif d’amener les universités et plus généralement les systèmes d’enseignement supérieur à passer « de la vision à l’action » et de faire avancer le processus de réforme. La conférence et les ateliers qui l’accompagnent ont pour objet d’offrir un espace de discussion aux universités, aux organismes d’assurance qualité et aux décideurs. Cet espace a permis aux participants de dialoguer entre eux mais aussi avec des experts régionaux, européens et internationaux ainsi qu’avec la Banque mondiale, et d’aborder les problématiques auxquelles ils sont confrontés en matière de gouvernance et d’assurance qualité interne et externe.

 

Lors de la journée d’ouverture, des professionnels de l’enseignement supérieur de la région MENA et d’ailleurs ont exposé leur point de vue « international » sur les questions de gouvernance et d’assurance qualité et en ont tiré des enseignements pour la réforme de l’enseignement supérieur dans les pays MENA et au niveau des établissements. La seconde journée s’est penchée sur des thèmes plus précis, avec une série d’ateliers parallèles destinés au réseau des 113 universités qui sont actuellement engagées dans l’élaboration de plans d’action et de mise en place d’organismes d’assurance qualité ; les universités furent invitées à présenter leurs plans d’action à cette occasion.

 

Flashback des conférences passées
 

Cette conférence est la cinquième du genre.

 

En 2011, une conférence a été organisée au Caire ayant permis de présenter la carte de positionnement de la gouvernance des universités (UGSC) et d’identifier les bases de l’application de cet outil dans quatre pays pilotes de la région MENA.

 

L’année suivante (2012), la conférence s’est tenue à Rabat et elle était organisée en collaboration avec l’Organisation islamique internationale pour l’éducation, les sciences et la culture (ISESCO) et le British Council ; elle a permis de tirer les enseignements de l’utilisation de la matrice et de mettre en avant des études de cas relatives aux réformes institutionnelles, mais a été aussi l’occasion de lancer le réseau régional pour l’enseignement supérieur, qui couvre 113 universités de sept pays de la région MENA (Algérie, Égypte, Iraq, Liban, Maroc, Territoires Palestiniens, Tunisie).

 

L’édition de 2014, qui s’est déroulée à Tunis, était consacrée au lien entre assurance qualité et gouvernance, avec l’objectif d’amener les universités et plus généralement les systèmes d’enseignement supérieur à passer « de la vision à l’action ». Elle a également permis aux différents membres du réseau régional d’universités de discuter des plans d’action qu’ils ont mis au point sur la base des résultats de la matrice de positionnement de la gouvernance universitaire.

Et en 2015, la 4ème conférence a eu lieu à Beyrouth ayant pour titre "Le renforcement des établissements d'enseignement supérieur en région de Moyen Orient et de l’Afrique du Nord par le partage de l'information et l’amélioration de la gouvernance». Plus de 150 participants se sont réunis, y compris les présidents d'université, les organismes d'assurance qualité, les ministres de l'enseignement supérieur et régional et les experts internationaux. Plusieurs questions liées à l'amélioration de la gouvernance dans l'enseignement supérieur à travers le partage de l'information et d’autres se rapportant à l’assurance de la qualité et de l'employabilité des diplômés ont été discutées. La 2ème version de la carte de positionnement de la gouvernance des universités (UGSC) a été annoncée.

 

Succès du programme pour l’enseignement supérieur dans la région MENA

 

Mettre au point des approches innovantes : Grâce à l’élaboration et à l’application de la carte de positionnement de la gouvernance des universités dans le cadre d’un réseau de 113 universités dans sept pays, les établissements d’enseignement supérieur de la région MENA sont en mesure de comparer leurs pratiques aux normes internationales et de définir leur propre ensemble d’objectifs, ainsi que des indicateurs pour évaluer leurs progrès dans la réalisation de ces objectifs.

 

Développer les capacités : Entre janvier et mai 2014, en étroite collaboration avec l’équipe de la Banque mondiale, 55 universités ont élaboré des plans d’action pour améliorer la gouvernance universitaire.

 

Approfondir les connaissances : la conférence régionale organisée à Tunis en juin 2014 a rassemblé 170 participants originaires de neuf pays de la région MENA et d’Afrique subsaharienne, ainsi que des experts internationaux et européens. Elle a donné lieu à 33 couvertures dans la presse de cinq pays (Égypte, Liban, Libye, Maroc et Tunisie) et dans trois langues (15 arabophones, 13 francophones et cinq anglophones), et a été relayée par trois stations de radio et une télévision nationale.

 

Informer l’élaboration des politiques : Les ministères, les organismes d’assurance qualité et les établissements sont convenus d’œuvrer de concert afin de récompenser les meilleures pratiques dans la région.

 

Cet article fait partie d'une série de blogs mettant en vedette les opinions des experts de l'enseignement tertiaire du Moyen-Orient et Afrique du Nord (MENA) en ce qui concerne l'enseignement tertiaire dans leurs pays respectifs, ainsi que l'utilisation de la carte de positionnement de la gouvernance Universitaire (UGSC), un outil innovant qui permet aux universités de la région MENA de se comparer aux standards internationaux, de définir leur propre série d’objectifs et d’établir des références pour évaluer les progrès pour les atteindre. La carte de positionnement de la gouvernance Universitaire (UGSC) a été développée par le programme d’enseignement tertiaire de la Banque Mondial/CMI et est appliquée par 100 universités dans la région MENA. 

 

May 03, 2016 / 0 Comments
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Photo: AFD iD4D

Entretien avec Dawn Chatty, anthropologue américano-britannique spécialiste du Moyen-Orient qui, aujourd’hui travaille tour à tour les réfugiés Syriens à travers la région affirme que trouver un moyen pour fournir une éducation aux réfugiés, qui ont quitté l'école depuis cinq ans, est vital pour qu'ils puissent revenir à construire une nouvelle Syrie à partir d'une vision différente.  

 

Continuer à lire cet article sur Ideas4development le blog de L’agence Française de Développement.

Apr 27, 2016 / 0 Comments
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Cinq ans après la révolution politique, le gouvernement a pris conscience des difficultés économiques du pays, dont le manque d’investissements étrangers et le niveau de chômage. De nombreux Tunisiens appellent à une deuxième révolution, économique cette fois-ci, pour ouvrir le champ des possibles et soutenir notamment la création d’entreprises dans le but de créer des emplois. Même si La vie d’un entrepreneur tunisien n’est pas toujours un long fleuve tranquille... Rien que les démarches d’immatriculation peuvent décourager les meilleures volontés. Hamdy Ben Salah fait partie de ceux qui se battent encore pour faire de la Tunisie un pôle entrepreneurial.

 

Continuer à lire cet article sur le blog de la banque mondiale.

Apr 25, 2016 / 0 Comments
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La région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord (MENA) n’avait jamais autant souffert qu’aujourd’hui du vieillissement de son infrastructure, étant donné, tout particulièrement, la forte augmentation de sa demande d’électricité. D’après les estimations, les besoins en électricité augmenteront de 84 % d’ici 2020. La Tunisie a la possibilité d'éviter une telle situation si une coopération inter-régionale est forgée avec l'Italie.  

 

Continuer à lire cet article sur le blog de la banque mondiale.

Apr 04, 2016 / 0 Comments
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UNHCR

Quand migration rime avec émotion : compte rendu de mission en Méditerranée (2)

Les mouvements de réfugiés et de migrants ont toujours existé. Avec le conflit qui s’éternise en Syrie, ils posent d’immenses difficultés aux pays de la Méditerranée. L’instabilité qui sévit au Moyen-Orient se propage aux pays du Sud de l’Europe — une évolution qui appelle à une réaction mieux coordonnée en Europe afin de soutenir davantage les pays d’accueil et, surtout, de faire preuve de plus de solidarité entre les peuples.

 

Alors que la recherche d’un accord entre l’UE et la Turquie pour remédier à la crise des réfugiés suscite des tensions, il importe de replacer cette situation et ses répercussions sur l’Europe dans un contexte régional plus large : pour l’instant, ce sont les pays du Moyen-Orient qui supportent l’essentiel du fardeau, l’Union européenne n’accueillant que 8 % des réfugiés syriens. La crise des réfugiés syriens ne touche pas directement l’Union européenne (UE), puisque 86 % d’entre eux continuent d’être directement accueillis par les pays du Machrek et par la Turquie. Les médias européens ont trop souvent tendance à passer cette statistique sous silence, ces jours-ci. Les pays les plus affectés sont ceux qui partagent des frontières avec la Syrie : selon le HCR, la Turquie est le premier pays d’accueil, avec 2,7 millions de réfugiés (un nombre record pour un pays), devant le Liban, avec 1 172 388 réfugiés (qui détient, quant à lui la palme de la concentration par habitant), et la Jordanie (640 000). Rappelons aussi qu’en maintenant leurs frontières ouvertes depuis cinq ans, ces pays ont offert au monde et à l’Europe un bien public inestimable. En cinq ans, ils ont accumulé une expérience impressionnante et tiré de précieux enseignements pour conforter leur propre résilience. D’où l’intérêt, pour les partenaires européens désireux d’apprendre, d’engager un dialogue Sud-Nord.

 

La crise des réfugiés a pris en quelque sorte par surprise une Europe en pleine incertitude économique : cette crise est la deuxième du monde (depuis les années 1990) par le nombre de personnes déplacées mais la première de toutes du fait de ce flux soutenu et ininterrompu en un laps de temps aussi court. C’est cette spécificité qui déstabilise l’UE et a fait naître des dissensions politiques autour d’éventuels quotas. Avant le sommet de l’UE du 17 et 18 mars dernier, Angela Merkel déclarait : « L’Europe ne s’est pas couverte de gloire… et les pays membres ne partagent pas équitablement le fardeau. » Jamais l’espace Schengen n’a autant vacillé qu’aujourd’hui. Les flux migratoires actuels et attendus font apparaître une autre dimension : nous avons atteint un point de non-retour. Au-delà du déni actuel, nous allons devoir anticiper pour préparer avec toute l’énergie requise des politiques d’intégration à moyen terme adaptées, à appliquer à l’échelle locale, nationale et européenne.

 

Soyons réalistes : la fragilité des pays MENA a un impact évident en Europe et au-delà. Le conflit en Syrie est le premier facteur d’instabilité, puisque plus de 4,6 millions de Syriens ont fui leur pays et qu’environ 7,6 millions d’autres ont été déplacés à l’intérieur des frontières. La région MENA reste largement exposée à la fragilité et au conflit : d’après la dernière édition du Bulletin trimestriel d’information économique de la région MENA de la Banque mondiale, un tiers environ des habitants de la région sont directement affectés par la guerre. Ce chiffre inclut les Iraquiens, les Libyens, les Syriens et les Yéménites, qui ont besoin d’une aide humanitaire d’urgence (environ 13,5 millions de personnes en Syrie, contre 21,1 millions au Yémen, 2,4 millions en Libye et 8,2 millions en Iraq). Sans oublier les personnes déplacées, qui sont plus de 18 millions dans la région, et qui vont devoir trouver un logement temporaire dans un pays voisin plus sûr ou ailleurs dans le monde. À cela s’ajoutent, bien entendu, les attentats terroristes qui alourdissent la menace sécuritaire dans le monde et les effets négatifs de la fragilité dans la région MENA.

 

La crise dans la région MENA crée de réels problèmes humanitaires pour les autochtones comme pour les ressortissants étrangers, qui sont particulièrement vulnérables : ainsi que l’a rappelé la consultation organisée à Malte par le Centre international pour le développement des politiques migratoires sur le thème « Les migrants dans les pays en crise », les migrants étrangers sont particulièrement exposés —et souvent ignorés — lorsqu’une crise éclate dans leur pays d’accueil, qu’il s’agisse de travailleurs invités, de migrants illégaux ou de touristes. Les plus exposés seront les femmes et les enfants. Citons le cas du Liban en 2006, avec ses 550 000 ressortissants étrangers (sans compter les réfugiés palestiniens) ; la crise libyenne de 2011 qui a touché 1,5 million d’étrangers ; le conflit syrien, où l’on estime à 100 000 le nombre de travailleurs migrants et d’Iraquiens, en plus de 560 000 réfugiés palestiniens ; ou encore le Yémen et ses 91 000 migrants et 246 000 réfugiés bloqués par la guerre civile de 2015. Lorsqu’une crise survient, les ressortissants étrangers pris au piège doivent être protégés et immédiatement rapatriés pour garantir leur sécurité. Pour les réfugiés dans les pays en crise, la situation est encore pire, comme l’a souligné le HCR : coincés dans ce pays d’accueil, ils ne peuvent pas rentrer chez eux à cause des persécutions dont ils sont victimes. Le droit international exige leur protection, mais ils n’ont nulle part où aller.

 

Les deux rives de la Méditerranée sont déstabilisées par la fragilité qui règne dans la région MENA : l’ampleur inédite de cette crise des réfugiés, des deux côtés de la Méditerranée, exige une aide ciblée et davantage de solidarité pour permettre l’adaptation et préparer des réponses régionales tout en renforçant la résilience pour l’avenir. Il faut certes apprendre à mieux se préparer, mais il faut surtout accroître les capacités de réaction des gouvernements et des municipalités, en Europe comme dans la région MENA, si l’on veut atténuer les conséquences de ces crises, aujourd’hui et demain. La situation actuelle prouve si besoin était que les conflits ne s’arrêtent pas aux frontières, ouvertes ou fermées. Tout le monde est touché, les citoyens comme les ressortissants étrangers rattrapés par le conflit, de même que les pays voisins et les municipalités qui doivent accueillir les réfugiés. Les conséquences désastreuses de la crise en Syrie sur l’Europe avaient commencé à se faire sentir bien avant l’afflux massif de réfugiés. Aujourd’hui, le Moyen-Orient et l’Europe partagent le même fardeau et doivent donc assumer ensemble leurs responsabilités, dans les pays riverains de la Méditerranée comme au sein de l’Europe.

Mar 31, 2016 / 0 Comments
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Al Jazeera America / D. Khamissy

Quand migration rime avec émotion : compte rendu de mission en Méditerranée (1)

 

Réfugiés, migrations, mobilité — autant de phénomènes que les pays de la Méditerranée connaissent intimement : l’histoire prouve en effet que les déplacements de population ont toujours été, quels qu’aient pu en être les motifs, une caractéristique intrinsèque et une réalité pour cette région. Avec le conflit qui s’éternise en Syrie, les pays du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord (MENA) sont submergés par les flux de réfugiés et cette situation dramatique rejaillit sur toute l’Europe du Sud. La mobilité des personnes, jusque-là parfaitement tolérée, fait désormais figure de casse-tête inextricable pour les pays situés des deux côtés de la Méditerranée. Des appels à une réaction mieux coordonnée commencent à se faire entendre en Europe comme dans les pays MENA, tandis que l’impératif de soutenir davantage les pays d’accueil et, surtout, de faire preuve de plus de solidarité entre les peuples, gagne progressivement du terrain.

 

En mars 2016, j’ai participé au congrès national de l’association des villes italiennes, organisé dans la banlieue de Pescara, sur la côte adriatique. Je devais intervenir dans le cadre d’un dialogue Sud-Nord sur la crise migratoire. Au cœur des discussions, l’expérience accumulée par les autorités locales en Italie, en Grèce et au Liban, et la vision internationale défendue par le Centre pour l’intégration en Méditerranée (CMI). Si je devais reprendre quelques-uns des grands messages de cette rencontre, j’insisterais certainement sur la saturation des pays d’Europe du Sud et de leurs collectivités locales devant ces flux de réfugiés sans précédent. Les intervenants ont expliqué à quel point les municipalités de ces pays se sentaient abandonnées par l’Europe et par leur pouvoir central. Une plongée dans les données brutes devrait nous permettre de mieux comprendre leur détresse.

 

La position géographique de la Grèce et de l’Italie, au Sud de l’Europe, explique qu’ils supportent l’essentiel du fardeau : en 2015, la Grèce est ainsi devenue le premier « pays de transit » de l’Union européenne (UE) pour les réfugiés et les migrants en partance vers les pays du Nord. Selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), plus d’un million de réfugiés et de migrants sont entrés en Europe cette année-là, la plupart d’entre eux arrivant par la Grèce. Ce pays, empêtré dans une grave crise économique, doit désormais affronter une crise humanitaire et gérer les conséquences du nouvel accord trouvé entre l’UE et la Turquie. Si l’UE parle à ce propos d’un « tournant », la Grèce évoque plutôt une « charge écrasante ».

 

Et l’histoire est loin d’être terminée : entre janvier et mars 2016, plus de 164 000 réfugiés et migrants sont arrivés en Europe, soit plus de huit fois qu’entre janvier et mars 2015. Une majorité écrasante d’entre eux (150 000 personnes) ont transité par la Grèce, le reste par l’Italie. Pour compliquer encore un peu plus la situation, la route par l’ouest des Balkans, qui relie la Grèce au Nord de l’Europe, est fermée depuis début mars, de sorte que quelque 48 000 réfugiés sont actuellement bloqués en Grèce. Cette fermeture entraînera inévitablement la création de nouveaux itinéraires, avec leur cortège de difficultés : il faut s’attendre à des filières de transit via la Libye, l’Albanie, la Bulgarie, l’Ukraine et, pourquoi pas, l’Espagne.

 

Les municipalités méditerranéennes se retrouvent aux avant-postes pour l’aide d’urgence aux migrants et aux réfugiés : faute de plan de riposte national, les villes grecques ont inventé des dispositifs de réaction. En comptant sur les bonnes volontés, elles font leur maximum pour répondre à cette urgence humanitaire. Pour l’instant, ni le gouvernement central ni l’Europe ne les ont vraiment aidées. En Sicile, le petit port de Pozzallo (19 000 âmes) est la première zone de « débarquement » pour les réfugiés et les migrants. Depuis janvier 2015, il a vu arriver environ 12 500 personnes. En janvier 2016, il est devenu le troisième point chaud « opérationnel » de l’Italie, trois autres devant être créés bientôt. L’Europe a conçu cette stratégie de « hot spots » pour aider ses États membres les plus exposés aux flux de migrants. Le maire de Pozzallo affirme pourtant ne pas avoir vraiment vu la différence. Ce que ses concitoyens et lui souhaitent, c’est qu’on les rassure, alors qu’ils ont le sentiment d’être laissés à eux-mêmes. Interrogé sur la solidarité, il a évoqué, après une longue réflexion, l’histoire de ce « bateau » transportant 35 dépouilles et que la petite ville de Pozzallo ne pouvait pas enterrer, faute de place. Les municipalités voisines ont alors proposé d’accueillir ces voyageurs dans leurs cimetières, pour les inhumer avec dignité au terme d’un si long périple. On aurait pu entendre une mouche voler.

 

Les autorités locales jouent un rôle clé dans la gestion de la crise migratoire en Méditerranée : les migrants visent en priorité les villes, car c’est là qu’ils peuvent trouver un logement, un moyen de subsistance et des services de base. Mais l’afflux de réfugiés en ville soulève un certain nombre de problèmes pour les municipalités et met à mal les capacités d’accueil des communautés hôtes : à l’échelle de la planète, 60 % des réfugiés vivent en ville ; dans la région MENA, ce chiffre atteint 85 %. Pendant notre réunion, les maires ont confirmé être aux premières loges pour tout ce qui concerne l’accueil et l’intégration des réfugiés et des migrants économiques. Ils ont évoqué le mal qu’ils avaient à préserver le bien-être de leurs concitoyens tout en prenant en charge la masse écrasante de nouveaux arrivants, qui méritent d’être traités avec dignité. D’où leur appel à une répartition équitable des responsabilités, des directives concrètes et un soutien de l’Europe — parallèlement à des moyens financiers, un renforcement des compétences, des formations et des échanges de bonnes pratiques.

 

Les échanges interrégionaux sur les pratiques d’accueil contribuent à aider les communautés hôtes les plus récentes à réagir au mieux : fort de sa longue expérience en matière d’accueil de réfugiés et parce qu’il concentre plus de réfugiés par habitant que n’importe quel autre pays dans le monde, le Liban a transmis quantité d’expériences aux municipalités du Sud de l’Europe, démontrant au passage tout l’intérêt du dialogue Sud-Sud. À travers son Programme pour les réfugiés et les communautés d’accueil en Méditerranée, le Centre pour l’intégration en Méditerranée (CMI) soutient certains besoins spécifiques d’apprentissage Sud-Nord dans le but de chercher des solutions à la crise actuelle des réfugiés dans les pays MENA et à ses retombées en Europe. Ce programme vise les communautés d’accueil autour de la Méditerranée, en leur proposant des échanges de connaissances et une assistance technique ciblée. Des dispositifs pour des échanges entre communautés de la région MENA et communautés d’accueil européennes sont en préparation.

Mar 23, 2016 / 0 Comments
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Les besoins d’investissement dans le secteur de l’eau sont considérables dans la région méditerranéenne. La demande en eau - tirée par l’urbanisation, le développement touristique, l’agriculture irriguée ou l’industrialisation - croît rapidement. Et le secteur de l’eau doit aussi être capable de répondre immédiatement aux nombreuses crises naturelles et humaines qui peuvent survenir : sécheresses et inondations, conflits armés, flux de réfugiés.

 

En outre les effets du changement climatique risquent de prendre une importance croissante. D’après le rapport « Turn Down the Heat » de la Banque mondiale, les ressources en eau dans la région du Moyen Orient et du Nord Afrique (MENA) pourraient baisser de 15 à 45% selon les lieux et les scenarii. Des efforts importants en matière de gestion de la demande, de traitement et de réutilisation des eaux usées, de désalinisation, de concertation et de sensibilisation des citoyens seront alors nécessaires.   

 

La Banque mondiale accorde une grande importance à la question de l’eau comme à celle de l’emploi. Dans sa nouvelle stratégie pour la région, la sécurité d’approvisionnement en eau est une question centrale et comporte plusieurs priorités : gestion de l’eau en milieu urbain, performance de l’eau agricole, amélioration de l’interface eau-énergie, engagement des citoyens et coopération sur les eaux transfrontalières.

 

Ces chantiers nécessiteront des ressources humaines nouvelles. En France par exemple, le secteur de l’eau représente 174 000 emplois directs pour un chiffre d’affaire annuel de 30 milliards d’euros. Dans les pays du Sud et de l’Est de la Méditerranée, on peut sans doute compter sur des centaines de milliers d’emplois avec, notons-le, beaucoup de métiers nouveaux qui devront permettre d’appréhender des situations complexes.

 

Trois jeunes ingénieurs en formation complémentaires de Mastère Spécialisé en Gestion de l’Eau, à AgroParisTech Montpellier, France, nous parlent de la question de l’emploi dans le secteur de l’eau dans leurs pays respectifs. 

 

Fatima Z. Ben Haddouche (Maroc)

« L’Afrique : un vrai potentiel d’emplois qualifiés dans le domaine de l’eau » 

 

L’avenir de l’Afrique est extrêmement prometteur. Le continent souffre pourtant d’un manque criant d’infrastructures de base, notamment en matière d’eau. C’est un défi majeur (demande croissante, changements climatiques, stockages inappropriés, coopération transfrontalière) qui représente un vrai potentiel de création d’emplois. Pour réussir les projets il faut des profils hautement qualifiés. Après avoir obtenu mon diplôme d’ingénieure hydraulique de l’Ecole Hassania des Travaux Publics au Maroc (2010), j’ai travaillé dans une entreprise de travaux, puis dans un bureau d’études, ce qui m’a amené au constat suivant : c’est de la qualité des phases amont que découle la durabilité des ouvrages. Ceci place donc l’ingénieur conseil au centre du processus de la réalisation d’un projet. D’où ma passion pour ce métier. J’ai intégré le mastère spécialisé car je crois qu’il nous faut maîtriser les aspects de gestion de l’eau selon une approche globale, pluridisciplinaire et multi-échelles. L’Afrique est en train d’adopter de nouveaux modèles de gestion de l’eau mais il est indispensable de renforcer les compétences des jeunes professionnels de l’eau par des formations efficaces.

 

Fares Aouichat (Algérie)

« En Algérie, un potentiel insuffisamment exploré dans le traitement des eaux » 

 

Diplômé de l’Ecole Nationale Polytechnique d’Alger en Génie des Procédés Environnementaux, je me suis vite orienté vers les métiers de l’eau. Mon projet de fin d’étude portait sur le traitement des lixiviats provenant de déchets ménagers par un bioréacteur à membrane, projet très intéressant mais resté au stade expérimental. C’est dommage car les recherches universitaires pourraient être mieux valorisées. La gestion centralisée de l’eau en Algérie est davantage orientée vers une politique de l’offre de nouvelles ressources (barrages, dessalement, transfert d’eau depuis le Sahara) plutôt que sur des considérations de traitement et de qualité de l’eau. Ainsi une majorité des usagers achètent de l’eau en bouteille. Ma prochaine mission chez SUEZ pour l'obtention du diplôme de Mastère Spécialisé en Gestion de l'Eau me permettra de développer une expertise dans l'amélioration du fonctionnement des systèmes d'assainissement des grandes métropoles.

 

 

Ayoub Atfaoui (Maroc)

« Les domaines de l’eau et de l’énergie sont de plus en plus imbriqués »

 

J’ai 25 ans et je suis marocain. Etant ingénieur en génie énergétique diplômé de la Faculté de Sciences et Techniques Mohammedia au Maroc, j’ai choisi de continuer mes études pour avoir une double formation dans les deux domaines étroitement liés que sont l’eau et l’énergie. Cette interdépendance est complexe et il faut avoir une vision globale dans le domaine de la gestion de l’eau, maîtriser les enjeux politiques de l’eau, analyser les choix techniques. J’apprécie le Mastère car il implique des intervenants du monde professionnel et de la recherche et nous permet de mener des travaux de groupe sur des projets concrets et d’actualité.

 

On le voit dans ces témoignages : les jeunes de la région MENA sont plus que jamais mobilisés. Ils sont passionnés. Ils sont aussi demandeurs de formation car ils savent combien la gestion de l’eau est un domaine complexe et transdisciplinaire. Gageons que le nouvel Objectif du Développement Durable n°6 « Garantir l’accès de tous à l’eau et à l’assainissement et assurer une gestion durable des ressources en eau » adopté par 193 Etats en septembre 2015 puisse être mis en œuvre dans la région pour l’échéance de 2030. Il faut s’y préparer et les partenaires au développement sont prêts à relever le défi. 

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