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La gouvernance : une réponse adéquate aux défis de l’université algérienne

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Jun 07, 2016 / 0 Comments
   

L’université algérienne connait une véritable métamorphose conséquente aux impératifs de la mondialisation du savoir et de la réforme de l’enseignement supérieur.

 

En effet, le système Licence, Master, Doctorat (LMD) a introduit une nouvelle philosophie et de nouvelles méthodes et pratiques d’enseignement et de pratiques pédagogiques (best practices).

 

Les textes législatifs et règlementaires ont accéléré , la mise en place du processus LMD ; les Travaux Pratiques (TP) nouvelles pratiques instaurées par ce système ont générées des insuffisances et donné lieu à des interrogations de la part de la communauté universitaire sur l’application et le devenir de ces réformes; celles-ci ont été complétées par l’introduction de l’assurance qualité , comme instrument d’amélioration et de performance dans les établissements universitaires, voué à favoriser l’implémentation d’un système capable d’améliorer la formation supérieure et l’employabilité de ses diplômés.

 

Il est indéniable que gouverner, c’est prévoir, définir une stratégie, fixer et atteindre des objectifs à travers des méthodes de gestion rationnelles efficaces, décider de façon concertée, dans le cadre des structures représentatives.

 

Une nouvelle vision de la gestion des connaissances s’est instaurée avec l’adhésion d’un certain nombre d’universités au programme de la gouvernance. On peut d’ores et déjà dégager un certain nombre d’axes pour la réussite de cette expérience ambitieuse.

 

Le LMD ou la naissance du projet de l’étudiant :

Ce projet dont la devise est : apprendre c’est choisir.

 

Les règles du système LMD (les unités d’enseignement, les matières transversales, les crédits, la mobilité et le tutorat) pour ne citer que ces éléments qui concourent à ce que l’étudiant choisisse son propre projet d’avenir et notamment, le projet de l’entreprenariat.

 

 Cet esprit de liberté pédagogique se concrétise dans le cadre de l’assurance qualité par le biais des mécanismes d’évaluation interne et externe, dans chaque université.

 

Dans le cadre du LMD, l’étudiant s’initie par les choix des parcours et le travail personnel qu’il fournit à la démarche de construction de son projet d’avenir professionnel en connaissance de cause.

 

Participation des acteurs et mode de prise de décision :

 

Les différents acteurs de la vie universitaire participent à la concrétisation des missions de l’université par la promotion d’un enseignement de qualité et le développement de la recherche scientifique fondamentale et appliquée.

 

Peuvent-ils le faire ? Les organes actuels des universités le permettent-ils ?

 

Un réaménagement des textes en vigueur permettant de créer un équilibre dans la représentativité et la participation des différentes parties dans la prise de décision au sein des différentes structures et organes de l’université ce qui constituerait un bon atout de la gouvernance.

 

La nécessaire ouverture de l’université sur le secteur socioéconomique.

 

Le savoir mondialisé se tourne de plus en plus vers la sphère des nouvelles technologies et l’économie des connaissances.

 

Il est impératif de trouver les liens, les ponts entre le monde du savoir numérisé et le secteur économique, notamment le secteur privé dans le cadre des mécanismes de partenariat équilibré et avantageux pour les deux parties.

 

La création d’un bureau de liaison universités-entreprises (BLUE) s’impose, ayant pour mission de renforcer, l’ouverture de l’université, sur son environnement socioéconomique immédiat et national par :

  • la création d’un observatoire permanent de l’employabilité (OPE) au niveau de chaque université
  • l’encouragement et la promotion de l’enseignement tertiaire (des services).

 

A cet égard, il faut veiller à impliquer davantage le secteur privé national dans les organes de la gouvernance des établissements d’enseignement supérieur et saisir cette opportunité, pour diversifier les sources de financement de leurs activités pédagogiques et scientifiques.

 

Par ailleurs, il y a lieu d’impliquer les partenaires clés du secteur industriel en tant que fer de lance du développement de l’économie nationale tant public que privé, dans la définition , l’élaboration et la mise en œuvre des formations et l’actualisation des programmes afin de répondre en permanence aux besoins et aux exigences des économies nationales et internationales et favoriser une réforme tendant à impliquer  le secteur privé dans le conseil d’administration de l’université et de la faculté.

 

L’établissement d’une charte de la gouvernance

 

Pour coordonner les différentes initiatives et pratiques et mener à bien le programme de la gouvernance à l’université ; l’élaboration d’une charte serait souhaitée et mériterait de guider les réflexions, les actions conçues, planifiées pour répondre pleinement aux exigences de la gouvernance rationnelle et efficiente de l’université telles que recommandées et reflétées par la carte de positionnement de la banque mondiale.      

 

Cette charte doit comporter, les leviers de gouvernance à l’université, principalement :

  • Missions et stratégie de l’université
  • Relations management et organisation pédagogique et scientifique
  • Représentation, participation  et concertation
  • Modes de désignation et de prise de décision
  • Partenariat universités-secteurs socioéconomique
  • Valorisation du potentiel scientifique et technique dans l’enseignement et la recherche
  • Promotion des valeurs éthiques et déontologiques universitaires.

 

Réussir la gouvernance, c’est assurer la modernité de l’université algérienne et l’insérer dans un espace globalisé et interdépendant.

 

Permettre à l’université algérienne et à nos enseignants-chercheurs d’occuper leur place dans l’espace mondialisé et compétitif du savoir et aspirer à un niveau d’excellence, tels sont les défis que doit relever notre université.

 

La gouvernance s’impose donc comme un outil incontournable de maitrise de la connaissance au service du développement durable.

 

Cet article fait partie d'une série de blogs mettant en vedette les opinions des experts de l'enseignement tertiaire du Moyen-Orient et Afrique du Nord (MENA) en ce qui concerne l'enseignement tertiaire dans leurs pays respectifs, ainsi que l'utilisation de la carte de positionnement de la gouvernance Universitaire (UGSC), un outil innovant qui permet aux universités de la région MENA de se comparer aux standards internationaux, de définir leur propre série d’objectifs et d’établir des références pour évaluer les progrès pour les atteindre. La carte de positionnement de la gouvernance Universitaire (UGSC) a été développée par le programme d’enseignement tertiaire de la Banque Mondial/CMI et est appliquée par 100 universités dans la région MENA. 

Mohamed Lamine Benzine

Professeur de l’enseignement supérieur à l’université d’Alger 1 faculté de droit.

A occupé le poste de vice-recteur de la post graduation et de la recherche scientifique.

A été responsable du LMD, domaine droit et sciences politiques.

Enseignant chercheur spécialiste du droit international, et du droit de la propriété intellectuelle.

Actuellement  dirige deux équipes de recherche intitulées : le développement durable en Algérie, et,  force du droit ; membre du laboratoire de recherche en sciences criminelles, chef d’équipe de la cybercriminalité.

Titulaire d’un DEA en droit international de l’université de paris 10 et d’un doctorat d’état en droit de l’université d’Alger.

Il encadre les étudiants de doctorat en droit.                      

Il est responsable du comité de la gouvernance à l’université d’Alger 1 depuis 2014.

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