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Florida Bikes et Cycle Egypt : une synergie exemplaire entre une start-up et une initiative culturelle

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Oct 03, 2016 / 0 Comments
 
NMT corridor with improved facilities for walking and bicycle in Shebin EL-Kom – Source: http://stp-egypt.org/

En Égypte, le vélo a encore bien du chemin à parcourir pour être considéré comme un mode de transport urbain durable. Il n’est pas accepté socialement, car on considère que les « gens bien » ne font pas de vélo.

 

On a donc, d’un côté, une société égyptienne très conservatrice et un mode de transport, le vélo, qui a toujours eu mauvaise réputation : seuls ceux qui n’ont pas les moyens de s’acheter une voiture l’utilisent. Les gens refusent même de travailler comme vendeurs ou réparateurs de vélos, par crainte de s’attirer le mépris de leurs concitoyens.

 

Et on a, de l’autre côté, des villes égyptiennes qui voudraient promouvoir le vélo en tant que mode de transport pour tous. Mais, pour cela, encore faut-il qu’elles développent un système de pistes cyclables et de voies piétonnes sûres. Il n’existe en effet aucune piste cyclable en Égypte, et les rues sont extrêmement dangereuses pour les cyclistes. Les seules exceptions sont Fayoum et Shibin El Kom, deux projets pilotes de pistes cyclables soutenus par le Projet de transports durables pour l’Égypte (a), conduit par l’ONU-Habitat et le FEM. 

 

Florida Bikes et Cycle Egypt offrent un exemple remarquable d’action marketing pour lutter contre l’image négative du vélo en Égypte.

 

Lancée en 2008, l’initiative Cycle Egypt cherche à promouvoir de nombreuses activités pour développer la culture du vélo. Des sorties sont organisées chaque vendredi pour encourager les gens à sortir leurs vélos dans la rue et habituer les citoyens à voir des cyclistes, et surtout des femmes.

 

Cycle Egypt promeut l’utilisation du vélo comme moyen de transport, en arguant du fait qu’il est plus économique que la voiture, qu’il ne pollue pas et qu’il permet d’éviter les embouteillages. L’initiative organise des réunions de sensibilisation à l’intention des cyclistes et des automobilistes pour leur apprendre à faire attention les uns aux autres et à se respecter mutuellement sur la route. Elle s’efforce également de solliciter les responsables publics pour demander davantage de vélos. Cycle Egypt est aujourd’hui l’un des plus grands regroupements de cyclistes amateurs d’Égypte. 

 

Une excursion à vélo organisée par Cycle Egypt à Kafr el-Cheik 

 

En 2011, Ahmed El Heity, fondateur de Cycle Egypt, a créé la start-up Florida Bikes pour importer des vélos. Comme il est difficile de se procurer des bicyclettes de qualité dans le pays, Florida Bikes les importe, principalement d’Espagne. Elle a ainsi déjà introduit plus de 20 000 vélos sur le marché égyptien. Elle travaille avec d’autres entreprises et des revendeurs pour remplacer les vélos ordinaires disponibles dans le pays par de nouveaux modèles, utilisés dans le monde entier.

 

Malheureusement, l’Égypte ne produit pas de vélos, et les modèles de qualité sont relativement coûteux par rapport aux salaires locaux. Le prix d’un vélo peut ainsi aller de 200 à 300 euros, soit l’équivalent de deux mois de salaire pour la plupart des Égyptiens.

 

Cycle Egypt a lancé en 2012 un service de location au mois (a) qui fonctionne comme un système de partage de vélo. Une fois inscrits, les membres choisissent un vélo et le louent à un tarif très abordable, à partir de seulement 5 euros par mois. Lancé avec un parc de seulement 50 vélos, ce service de location en compte aujourd’hui plus de 200. Bon nombre d’autres entreprises du secteur du vélo se sont intéressées à Cycle Egypt et ont établi un partenariat. Grâce à la réussite de cette initiative, de nombreux sponsors appuient désormais le projet, et leur contribution permet de maintenir un tarif mensuel modique.

 

Cycle Egypt souhaite étendre son activité et en développer d’autres. Il est actuellement prévu de mettre en place des projets de coopération avec des organismes européens pour organiser des formations à destination des jeunes Égyptiens afin de les doter de qualifications adéquates et d’améliorer l’image du marché du vélo en Égypte. Ces formations donneront la priorité aux métiers suivants : responsable de projet pour la promotion du vélo ; spécialiste des systèmes de vélopartage en vue de leur développement en Égypte ; réparateur de vélos spécialisé dans les équipements modernes (systèmes d’embrayage, suspensions, freins et technologies modernes).

 

Ces certifications européennes permettront à de nombreuses personnes de trouver des emplois mieux payés, car les mécaniciens qualifiés sont vraiment demandés.

 

Un frein social majeur tient au fait que, en raison de la connotation négative attachée au vélo et au manque de professionnels dans ce secteur, la progression de ce mode de transport a pris du retard dans le pays. Toutefois, de nombreuses initiatives, associations et start-up déploient actuellement d’immenses efforts pour le développer aussi rapidement que possible. Le vélo jouera sans aucun doute un rôle majeur dans la rénovation des systèmes de mobilité urbaine en Égypte, et les décideurs et planificateurs des transports doivent d’ores et déjà envisager des systèmes qui l’intègrent. 

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