E-letter
CMI Letter #14, Février 2012
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Comment mener de front transition politique et développement économiqueL'initiative "d'une transition à l'autre", engagée par la BERD (Banque européenne pour la reconstruction et le développement) à la suite du Partenariat de Deauville, avec l’appui du CMI, a connu sa troisième manifestation le 27 février à Casablanca. Dans le cadre du Partenariat de Deauville et forte de son expérience dans les pays de l'Est de l'Europe, la BERD a étendu son champ d'intervention à la région MENA. Son initiative « d'une transition à l'autre » engagée avec le soutien du CMI a connu sa troisième manifestation le 27 février à Casablanca, après celles du Caire et de Tunis. |
L'initiative "d'une transition à l'autre" vise à faciliter les échanges d'expériences entre les pays d'Europe de l'Est et ceux de la région MENA. Les mutations des pays de l'Est à la suite de la chute du mur de Berlin et de l'effondrement du bloc soviétique peuvent dans certains cas servir d’exemples de pratiques pouvant être dupliquées et visant à faciliter transitions et reformes dans les pays du sud de la Méditerranée. Cette initiative cible principalement le secteur privé, domaine d'intervention traditionnel de la BERD. C'est pourquoi chaque manifestation est organisée avec l’appui de la principale organisation patronale du pays concerné et la participation de nombreux acteurs du secteur privé. La réunion de Casablanca le 27 février 2012 fait suite à une session organisée le 12 décembre 2011 à Tunis au siège de l'Utica (Union tunisienne pour l'industrie, le commerce et l'artisanat). Ces ateliers sont centrés sur "la stimulation de la croissance et l'investissement pendant la transition". Celui de décembre visait à déterminer comment la Tunisie pouvait mener parallèlement à sa mutation son développement économique. Car en période de transition, l’incertitude entraîne souvent un ralentissement de l'investissement et des difficultés économiques peuvent apparaître de manière immédiate. La participation de plus de 200 responsables politiques et économiques à l'atelier de Tunis, le jour même de l'élection par l'assemblée constituante du nouveau président du pays, souligne la soif d'informations des Tunisiens. Beji Caid Essebsi, Premier ministre de la Tunisie, Jalloul Ayed, Ministre des finances, Mustapha Nabli, Gouverneur de la Banque centrale de Tunisie, Ivan Miklos, Vice-premier ministre de la République Slovaque, ont notamment pris la parole. Une quinzaine de jeunes Tunisiens sont également venus témoigner de leurs espoirs et de leurs préoccupations. Les débats ont portés sur des questions aussi essentielles et variées que la croissance et l'emploi par le développement des PME, la sécurité alimentaire, la promotion des énergies durables, la compétitivité par l'innovation, le rôle des investissements en capitaux propres dans la création de valeur à long terme, l'accès au financement, l'économie de la connaissance, les réformes du cadre réglementaire et légal, ou encore les défis du développement régional. Toutes ces discussions ont mis en exergue l'impérieux besoin d'investir dans les régions les moins développées de la Tunisie. Les jeunes Tunisiens ont demandé une assistance des bailleurs de fonds aux acteurs de leur société civile ainsi qu’un soutien a la communauté d’information dans le but de renforcer leurs capacités. Par ailleurs, alors que le pays s'efforce de mettre en place une réelle économie du savoir, ils réclament également de fait, une liberté de mouvement dans la région Euro-méditerranéenne. Comment gérer la transition marocaine La réunion de Casablanca du 27 février s'est tenue à l'évidence dans un tout autre contexte que celle de Tunis. Organisée par la BERD avec le CMI, la Confédération Générale des Entreprises du Maroc (CGEM) et le Centre des Jeunes Dirigeants (CJD) et l’Association des Femmes Chefs d’Entreprises du Maroc (AFEM), elle vise à mieux cerner les priorités à court et moyen termes du Maroc. Pour cela, elle réunit des experts du privé et du public venus du Maroc, d'Europe centrale et orientale et de Turquie. Ils tenteront de déterminer comment le pays peut assurer sa croissance tout en évitant l’exclusion sociale et quel Maroc sortira du processus de transition actuel. Comme en Tunisie, des personnalités de premier plan sont attendues comme Abdelilah Benkirane, Chef du gouvernement du Maroc, Gordon Bajnai, ancien Premier ministre de Hongrie, Bozidar Djelic, ancien Vice premier ministre de Serbie. Les cinq tables rondes prévues ont traité de la promotion de la croissance et de l’emploi par le développement des PME, de la modernisation de la chaîne de valeur de l’agro-industrie et de la sécurité alimentaire, de la gestion durable de l’énergie, du financement des entreprises pour la compétitivité, l’innovation et l’emploi et du rôle des prises de participation dans l’amélioration de l’économie sur le long terme. Ces sujets techniques ont été complétés en séance plénière par une table ronde sur "le projet du Maroc pour la transition et l’après-transition". Ces débats visent à évaluer et à répondre aux défis actuels auxquels sont confrontés les pays de la région MENA de la manière la plus pertinente et collégiale possible. En ce sens, le CMI, grâce à son réseau et sa bonne connaissance de la région, sa capacité de coordination et de mobilisation des différents bailleurs et sa force à créer le dialogue entre des partenaires publics et privés ; pourra permettre une plus grande intégration entre le monde arabe, l’Europe et le reste du monde.
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